G2CS exige une démocratie hors des seules échéances électorales

La coalition déplore une démocratie axée sur les seuls scrutins

La Grande Coalition Citoyenne pour le Sénégal (G2CS – Guiss Si Sa Bop) affirme que la vie politique nationale reste trop concentrée autour des élections, au détriment d’un suivi démocratique continu. Entre deux échéances électorales, les priorités locales peinent à s’imposer et les mécanismes de contrôle citoyen des décisions publiques s’affaiblissent, selon son manifeste.

Un pouvoir exécutif centralisé

La coalition revient sur l’organisation du pouvoir au Sénégal, marquée par une forte prééminence de l’Exécutif depuis les années 1960. Ce modèle, qui place le sommet de l’État au centre de la prise de décision, entretient des tensions dès que s’instaurent des rivalités au plus haut niveau. La G2CS réclame que le contrôle démocratique dépasse les seuls cycles électoraux et s’inscrive dans la durée.

Priorités sociales et décalage politique

Pour le mouvement, le débat institutionnel intervient alors que de nombreuses familles font face à des fragilités économiques : incertitudes agricoles, hausse du coût de la vie et vulnérabilité des ménages. Ousmane Sène, porte-parole du collectif, rappelle que la souveraineté se construit par des moyens effectifs pour mener sa politique, et non par des postures verbales.

Dépendance économique et endettement

La G2CS critique le modèle économique actuel, jugé trop dépendant des financements extérieurs et insuffisamment fondé sur la production et la transformation locales. Cette vulnérabilité résulte, selon elle, de l’endettement, d’une faible transformation industrielle et d’une forte dépendance aux importations alimentaires, énergétiques et technologiques.

Le Fonds monétaire international a noté qu’après un déficit budgétaire estimé à 13,4 % du PIB en 2024, celui-ci serait retombé à 6,4 % en 2025, tout en relevant des fragilités persistantes dans les finances publiques et le stock de dette. Le 1er septembre, les services du FMI et les autorités sénégalaises ont trouvé un accord de principe pour un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars, désormais soumis à l’approbation du Conseil d’administration. La coalition précise qu’elle ne préconise pas une rupture avec les partenaires internationaux, mais défend une conception de la souveraineté qui préserve des marges de manœuvre réelles.

Inégalités territoriales et propositions institutionnelles

La G2CS pointe des disparités marquées entre Dakar et les autres régions : inégalités d’accès à l’emploi, à la santé, à l’éducation, au financement, à la justice et aux services publics. Pour y remédier, elle propose plusieurs réformes institutionnelles et de gouvernance :

  • Renforcer les moyens de contrôle du Parlement ;
  • Garantir l’indépendance de la justice ;
  • Responsabiliser davantage les collectivités territoriales ;
  • Établir des autorités de régulation crédibles et transparentes.

« Le débat d’idées, la compétence, l’éthique et le service de l’intérêt général » doivent retrouver une place centrale dans la vie publique, affirme la coalition, qui veut rompre avec les pratiques politiques fondées sur les personnalismes et l’opportunisme.

Objectif : reconnecter institutions et préoccupations quotidiennes

En somme, la G2CS appelle à une redéfinition des priorités publiques : renforcer la participation citoyenne continue, approfondir la souveraineté économique par des politiques de production et de transformation locales, et corriger les déséquilibres territoriaux afin que les décisions publiques répondent mieux aux urgences quotidiennes des citoyens.

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